{"id":2599,"date":"2019-10-07T18:18:21","date_gmt":"2019-10-07T17:18:21","guid":{"rendered":"http:\/\/lesavoirpartage.org\/new\/?p=2599"},"modified":"2019-11-06T15:06:03","modified_gmt":"2019-11-06T14:06:03","slug":"histoire-et-analyse-du-roman-policier","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/lesavoirpartage.org\/new\/2019\/10\/07\/histoire-et-analyse-du-roman-policier\/","title":{"rendered":"D\u2019\u0153dipe \u00e0 la S\u00e9rie Noire : le roman policier"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>De nos\njours, le \u00ab polar \u00bb, est un synonyme de litt\u00e9rature facile, voire industrielle.\nPourtant, c\u2019est un d\u00e9lassement r\u00e9pandu, m\u00eame chez des intellectuels, voire un\njeu d\u2019esprit. Des grands de la litt\u00e9rature s\u2019y sont essay\u00e9s : Bernanos, Borges,\nRobbe-Grillet, Claude Aveline. Et Simenon est entr\u00e9 dans la Pl\u00e9iade\u2026 <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Une\nd\u00e9finition ? \u00ab Un crime myst\u00e9rieux, graduellement \u00e9clairci par les\nraisonnements et les recherches d\u2019un policier. \u00bb (R\u00e9gis Messac, 1929) <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Difficile\nde le d\u00e9finir : faut-il un meurtre ? un policier ? une enqu\u00eate ? \u00c0 chacun de ces\ncaract\u00e8res, on peut apporter des contre-exemples\u2026 <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le genre\ndu roman policier tel que nous l\u2019entendons est n\u00e9 au XIXe si\u00e8cle. Apr\u00e8s un bref\nhistorique du genre nous \u00e9tudierons sa construction et diff\u00e9rents \u00e9l\u00e9ments de\nla th\u00e9matique. <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>I - BREF\nHISTORIQUE DU ROMAN POLICIER <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>A. d\u2019\u0152dipe\nau XVIIIe si\u00e8cle <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Pour\nsauver Th\u00e8bes de l\u2019\u00e9pid\u00e9mie, le roi \u0152dipe doit punir les auteurs d\u2019un crime\npass\u00e9 : qui a tu\u00e9 jadis le roi La\u00efos ? Le roi conduit cette enqu\u00eate et finit\npar d\u00e9couvrir que le criminel, c\u2019est lui-m\u00eame (Sophocle) ; <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le tr\u00e9sor\nde Rhampsinite (H\u00e9rodote II, 121 : chambre close, horreur, un brin de porno\u2026) ;\n<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Daniel, 13\n(la chaste Suzanne) et 14 (confondre les pr\u00eatres de Bel) ; <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le juge\nchinois Ti, (VIIe s.) ressuscit\u00e9 par le diplomate hollandais Robert van Gulik ;\n<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>La\nFontaine (Le Lion malade et le Renard, livre VI). <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>L\u2019analyse\ndes indices dans le Zadig de Voltaire (1748, chap. 3) : on recherche la chienne\nde la reine et le cheval du roi, et Zadig d\u00e9crit parfaitement les animaux mais\ndit qu'il ne les a point vus : il est accus\u00e9 de les avoir vol\u00e9s ! Il explique\nqu'il avait devin\u00e9 leur apparence par les traces qu'ils avaient laiss\u00e9es. On\nadmire son g\u00e9nie mais il est victime de la justice. <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>B. Du\nromantisme aux pionniers <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le moment\nhistorique : <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>La\nnaissance de la ville et de l\u2019industrialisation, du fait divers : incendie,\naccident ou\u2026 crime : l\u2019auberge de Peyrebeille (1831, cf L\u2019auberge rouge),\nl\u2019affaire Lafarge (1840) ; la fascination du po\u00e8te\u2013assassin Lacenaire (Cf Les\nenfants du Paradis). <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Et la\nnaissance de la police : le ministre Fouch\u00e9, et le fameux Vidocq (1828), qui\ninspira le Vautrin de Balzac (Le P\u00e8re Goriot, 1842) et le Javert des Mis\u00e9rables\n(1862) ;&nbsp; <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>L\u2019\u00e9panouissement\ndu positivisme et du d\u00e9terminisme ; les d\u00e9buts de la m\u00e9decine l\u00e9gale et de la\npolice scientifique : Bertillon et l\u2019anthropom\u00e9trie. <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le moment\nlitt\u00e9raire : <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le\nm\u00e9lodrame et le roman gothique et d\u2019horreur : Les myst\u00e8res d\u2019Udolphe d\u2019Ann\nRadcliffe (1797) ; Frankenstein de Mary Shelley (1816) : sabbats, orages,\ncryptes, cimeti\u00e8re, ruines, femmes fatales, anges d\u00e9chus, jusque vers 1825 ;\nEug\u00e8ne Sue (Les myst\u00e8res de Paris, 1842-1843). <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Edgar\nAllan Poe (1809-1849) (Dupin) : Double assassinat dans la rue Morgue ; Le\nmyst\u00e8re de Marie Roget, La lettre vol\u00e9e. <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>\u00c9mile\nGaboriau (1832-1873) (M. Lecoq) L\u2019Affaire Lerouge ; <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Arthur\nConan Doyle (1859-1930) (Sherlock Holmes, 56 nouvelles 4 romans) : La ligue des\nrouquins, Une affaire d\u2019identit\u00e9, La l\u00e8vre tordue, L\u2019escarboucle bleue, Le\nruban mouchet\u00e9, Le pouce de l\u2019ing\u00e9nieur, Le trait\u00e9 naval, Les 6 Napol\u00e9ons, Le Bruce-Partington\u2026\n<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Les\nauteurs fran\u00e7ais <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Gaston\nLeroux (1868-1927) (Rouletabille et Le myst\u00e8re de chambre jaune) <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Maurice\nLeblanc (1864-1941) (Ars\u00e8ne Lupin 1905) ; <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>C.\nL\u2019entre-deux-guerres <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Agatha\nChristie (1890-1976) (Hercule Poirot et miss Marple) : 59 romans policiers, 190\nnouvelles, l\u2019auteur le plus traduit : 2 milliards d\u2019exemplaires vendus. Nous\nreviendrons plus loin sur le \u00ab roman-probl\u00e8me \u00bb. <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>franc-tireur\nG. K. Chesterton (1874-1936) [le p\u00e8re Brown] <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Les\ncollections : L\u2019Empreinte, Le Limier, La Chouette, surtout Le masque par Albert\nPigasse (1887-1985, 2540 n\u00b0)(le c\u00e9l\u00e8bre logo), n\u00b0 1 Roger Ackroyd (1927) ; <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Du c\u00f4t\u00e9\ndes francophones <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Stanislas-Andr\u00e9\nSteeman (1908-1970) (M. Wens), Six hommes morts (1931) ; <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Georges\nSimenon (1903-1989 Maigret apparu en 1931) ; 75 romans, 28 nouvelles, et 187\nfilms : Maigret s\u2019impr\u00e8gne de l\u2019atmosph\u00e8re, surtout en province. <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>D De\nl\u2019influence am\u00e9ricaine \u00e0 l\u2019\u00e9poque contemporaine <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>le roman\nnoir \u00e0 l\u2019am\u00e9ricaine : Dashiell Hammett, Raymond Chandler [Ph. Marlowe], Peter\nCheyney 1896-1951 [Lemmy Caution], James Cain (Le facteur sonne toujours deux\nfois, 1934) James Hadley Chase (Pas d\u2019orchid\u00e9es pour miss Blandish, 1939). <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>La\ncollection S\u00e9rie Noire fond\u00e9e en 1945 par Marcel Duhamel (1900-1977 : plus de\n2900 n\u00b0) : des corrompus, de l\u2019action, une langue verte, de l\u2019humour, pas de\nhappy end ; <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>L\u00e9o Malet\nrepr\u00e9sente le \u00ab roman noir \u00e0 la fran\u00e7aise \u00bb (1909-1996) vogue relay\u00e9e par le\ndessin de Tardi), et son personnage, anarchiste et surr\u00e9aliste : Nestor Burma\n(les nouveaux myst\u00e8res de Paris 15 volumes parus sur 20) ; \u00ab Comme chez\nSimenon, l\u2019atmosph\u00e8re l\u2019emporte sur l\u2019histoire \u00bb <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Albert\nSimonin (1905-1980)&nbsp;: Touchez pas au grisbi <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le roman\nd\u2019espionnage, inaugur\u00e9 avant-guerre par Pierre Nord (1900-1985 : Double crime\nsur la ligne Maginot, 1936).&nbsp; <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le roman\nde suspense, pr\u00e9par\u00e9 par John Buchan (1875-1940 : Les trente-neuf marches :\nl\u2019anc\u00eatre de Graham Greene et John Le Carr\u00e9), Francis Iles (1893-1971) : Before\nthe Fact = Pr\u00e9m\u00e9ditation (1932). <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Patricia\nHighsmith (1921-1995, L\u2019inconnu du Nord-Express) et son h\u00e9ros M. Ripley ; W.\nIrish (1903-1968, Fen\u00eatre sur cour, La mari\u00e9e \u00e9tait en noir). <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>En France\nle tandem Boileau-Narcejac ; (B 1906-1989 ; N 1908-1998) Les Louves, Celle qui\nn\u2019\u00e9tait plus, D\u2019entre les morts (Sueurs froides), \u00e9galement nouvellistes,\ncritiques et pasticheurs (Usurpation d\u2019identit\u00e9) ; <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>suivis par\nS\u00e9bastien Japrisot (JB Rossi) (1931-2003) L\u2019\u00e9t\u00e9 meurtrier, Pi\u00e8ge pour\nCendrillon, La dame dans l\u2019auto avec des lunettes et un fusil. <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Pour\nfinir, un inclassable : San Antonio d\u00fb \u00e0 Fr\u00e9d\u00e9ric Dard (1921-2000, 175 vol.\n1949-2001) : d\u00e9sinvolture et humour, truculence du verbe (n\u00e9ologismes,\ncalembours, catachr\u00e8se, contrep\u00e8teries\u2026) et le gros B\u00e9rurier : l\u2019auteur\nFr\u00e9d\u00e9ric Dard dispara\u00eet derri\u00e8re son personnage de San Antonio. <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>II -\nCONSTRUCTION ET GENRES DES ROMANS POLICIERS <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>A. Les\nmodes d\u2019\u00e9criture et de pr\u00e9sentation&nbsp; <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Les\ndiff\u00e9rents modes d\u2019exposition : un r\u00e9cit ext\u00e9rieur objectif (Agatha Christie)\nparfois enrichi d\u2019une dimension introspective (Simenon) ; un r\u00e9cit fait par un\nt\u00e9moin, auquel le lecteur peut s\u2019identifier (Watson) ; voire par le criminel\nlui-m\u00eame (Ackroyd). <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>L\u2019auteur\nqui \u00e9crit un roman policier part de la solution et remonte aux indices : il le\nconstruit \u00e0 l\u2019envers, avant de commencer \u00e0 l\u2019\u00e9crire, l\u2019inverse de la d\u00e9marche\nque suivront lecteur et d\u00e9tective. <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le\nd\u00e9tective du roman raisonne, mais le roman policier se doit d\u2019\u00eatre court :\nplut\u00f4t que les longs romans feuilletons de 1500 ou 2000 pages au XIXe s., ce\nsont des romans brefs o\u00f9 un m\u00eame personnage fait l\u2019unit\u00e9 d\u2019un volume \u00e0 l\u2019autre\n: le h\u00e9ros r\u00e9current (Lecoq, Holmes, Fant\u00f4mas, Rouletabille, Poirot, Coplan,\nSAS, etc.) ; de l\u00e0 aussi le succ\u00e8s de la forme de la nouvelle, tr\u00e8s fr\u00e9quente :\nchez Conan Doyle, elles sont, \u00e0 mon sens, infiniment sup\u00e9rieures \u00e0 ses romans\n;&nbsp; <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>B. Le\nroman d\u2019\u00e9nigme <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>C\u2019est un\ngenre \u00e0 lui seul : la murder-party, tr\u00e8s anglaise, comme le jeu du Cluedo.\nAgatha Christie est l\u2019auteur le plus connu. <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Agatha\nChristie avait des connaissances en toxicologie (infirmi\u00e8re pendant la guerre)\n: un nombre r\u00e9duit de personnages, 6 ou 8 tout au plus, dans un lieu clos (un\nmanoir, une \u00eele, ou bien un train, un navire), les suspects d\u00e9filent, chacun\ngarde ses secrets et ses petits mensonges avant la r\u00e9v\u00e9lation finale. <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Au lecteur\nde noter au passage les indices, et de raisonner. Le roman d\u2019\u00e9nigme peut\ntourner au jeu intellectuel, \u00e0 un match entre l\u2019auteur et son lecteur\u2026 selon\ndes r\u00e8gles : <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Les \u00ab\nr\u00e8gles \u00bb de Van Dine publi\u00e9es dans American Magazine, 3\/9\/1928 <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>1. Les\nchances doivent \u00eatre \u00e9gales entre le lecteur et le d\u00e9tective ; <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>2. Pas\nd\u2019autres tricheries que celles du criminel vis-\u00e0-vis du d\u00e9tective ; <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>3. Pas\nd\u2019intrigue amoureuse pour venir troubler la logique ; <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>4. Le\nd\u00e9tective ne doit pas se r\u00e9v\u00e9ler le coupable ; <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>5. Le\ncoupable doit \u00eatre trouv\u00e9 par d\u00e9duction logique et non par hasard ; <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>6. Il doit\ny avoir un d\u00e9tective qui cherche et trouve gr\u00e2ce aux indices ; <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>7. Il faut\nau moins un cadavre pour que l\u2019histoire en vaille la peine ; <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>8. On\nrenonce \u00e0 la t\u00e9l\u00e9pathie, aux esprits, \u00e0 la boule de cristal\u2026 <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>9. Il doit\ny avoir un seul d\u00e9tective pour concentrer l\u2019int\u00e9r\u00eat ; <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>10. Le\ncoupable doit avoir \u00e9t\u00e9 un des personnages notables de l\u2019histoire ; <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>11. Le\ncoupable ne saurait \u00eatre un domestique, un laquais, une bonne\u2026 ; <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>12. M\u00eame\navec plusieurs meurtres, il doit y avoir un seul coupable ; <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>13. Pas de\nsoci\u00e9t\u00e9 secr\u00e8te ou autre mafia\u2026 <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>14.\nMeurtre comme d\u00e9tection recourent seulement \u00e0 des moyens rationnels ; <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>15. Une\nfois connue, la solution doit appara\u00eetre \u00e9vidente et simple ; <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>16. Pas de\nlongues descriptions ni d\u2019analyses psychologiques ; <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>17. Le\ncriminel ne doit pas \u00eatre un professionnel du crime ; <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>18. Le\nmeurtre ne doit pas se r\u00e9v\u00e9ler un accident ou un suicide ; <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>19. Les\nmotifs doivent \u00eatre personnels, et non pas politiques ; <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>20. Pas de\nclich\u00e9s \u00e9cul\u00e9s comme le m\u00e9got r\u00e9v\u00e9lateur, la s\u00e9ance spirite bidon, les fausses\nempreintes digitales, le chien qui n\u2019aboie pas ; le jumeau ou le sosie ; la\nlettre cod\u00e9e qu\u2019on d\u00e9chiffre, etc. <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Quel\ncarcan ! Pourtant les meilleurs auteurs ont su \u00e0 l\u2019occasion s\u2019affranchir de ces\n\u00ab r\u00e8gles \u00bb : Agatha Christie avec Le meurtre de Roger Ackroyd). Cf un essai\npassionnant Qui a tu\u00e9 Roger Ackroyd ? par Pierre Bayard, 1998 : et si Hercule\nPoirot s\u2019est tromp\u00e9 ?). <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Bien des\nauteurs \u2014 et lecteurs \u2014 ont consid\u00e9r\u00e9 le roman-probl\u00e8me comme la forme\nd\u00e9finitive du roman policier. Tout en appr\u00e9ciant la construction des intrigues,\nBoileau-Narcejac soulignent que le monde d\u2019Agatha Christie est surann\u00e9, voire\nennuyeux avec ses secrets de famille, ses douairi\u00e8res et leur testament, leurs\ncolonels fatigu\u00e9s\u2026 <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>C. Les\nprobl\u00e8mes de chambre close <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Un crime\ninexplicable semble avoir \u00e9t\u00e9 commis dans un lieu ferm\u00e9 de l\u2019int\u00e9rieur : la\nvictime n\u2019est pas morte quand on le croit, ou l\u2019assassin a pu s\u2019\u00e9chapper apr\u00e8s\nle crime, il a tu\u00e9 de l\u2019ext\u00e9rieur sans laisser de traces, etc. <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le ma\u00eetre\nest John Dickson Carr (1906-1977) : il est astucieux, trop m\u00eame, jusqu\u2019\u00e0 en\ndevenir invraisemblable, absurde, voire st\u00e9rile\u2026 Il ne peut se passer de\npath\u00e9tique : ne le trouvant plus dans l\u2019action, il le plaque \u00e0 partir d\u2019un\nd\u00e9cor \u00e9tonnant ou baroque, fr\u00f4lant le fantastique. <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Et\npourtant la chambre close n\u2019est pas morte : voir les romans de Paul Halter (n\u00e9\nen 1956), les anthologies de Roland Lacourbe. <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>D. Le\nroman d\u2019espionnage <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>De haute\ntenue avec John Le Carr\u00e9, mais aussi de production courante avec les\ncollections du Fleuve Noir et les couvertures r\u00e9alistes du dessinateur Michel\nGourdon jusqu\u2019en 1978 : Paul Kenny,, Cl. Rank, OSS 117 de Jean Bruce, SAS de G.\nde Villiers\u2026). Ce sont les d\u00e9lices des agents doubles, voire triples\u2026, de la\nbelle espionne qui ne trahit pas, mais fait semblant de trahir \u2014 alors que,\npeut-\u00eatre, en fait, elle trahit quand m\u00eame !&nbsp; <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Du\npatriotisme militaire (P. Nord), on est pass\u00e9 au vertige des enjeux\ng\u00e9opolitiques de la guerre froide. L\u2019espion n\u2019est pas un criminel, il remplit\nune mission ; s\u2019il tue, c\u2019est sur ordre, dans un monde diff\u00e9rent du quotidien.\nAction et violence : voil\u00e0 de l\u2019\u00e9vasion ! <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>III - LES\nPERSONNAGES DU ROMAN POLICIER <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Ils sont\nquatre : le d\u00e9tective, le criminel, la victime, le justicier. <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>A. Le\nd\u00e9tective <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Les\nAnglo-Saxons ont privil\u00e9gi\u00e9 la figure du d\u00e9tective, les Fran\u00e7ais celle du\npolicier, le 1er plus intellectuel, le 2e plus pratique, voire quotidien. <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Les mythes\n: Holmes, Poirot, Marlowe, Maigret <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Homme\nd\u2019action (Holmes est un lutteur habil) ou arm-chair detective (miss Marple),\nd\u00e9tective priv\u00e9, mais aussi policier, vieille demoiselle, voire pr\u00eatre ou cur\u00e9\nde campagne (l\u2019abb\u00e9 Garrec de Ren\u00e9 Madec)\u2026&nbsp; <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>\u00ab J\u2019avoue\navoir pris dans les aventures de Sh. Holmes l\u2019id\u00e9e premi\u00e8re de recherches sur\nles poussi\u00e8res des v\u00eatements et des taches de boue, et je sais ne pas \u00eatre le\nseul \u00e0 avoir trouv\u00e9 dans ces romans des id\u00e9es neuves et des inspirations\nutiles. [\u2026] Sherlock n\u2019est pas plus intelligent que Dupin, mais il conna\u00eet bien\nmieux son m\u00e9tier. Son cerveau contient, \u00e0 une \u00e9poque o\u00f9 nul sp\u00e9cialiste n\u2019avait\nencore \u00e9crit de trait\u00e9, la premi\u00e8re synth\u00e8se de la technique polici\u00e8re. \u00bb\n(Edmond Locard 1877-1966, Policiers de roman et de laboratoire, 1924). <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>La figure\ndu d\u00e9tective ; les connaissances et les capacit\u00e9s de Holmes \u00e9valu\u00e9es par Watson\n: m\u00e9decine (anatomie), botanique (toxicologie), g\u00e9ologie (les terrains), et une\n\u00e9rudition prodigieuse en criminologie et faits divers. <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Conan\nDoyle \u00e0 propos de la cr\u00e9ation de Sherlock Holmes : \u00ab Gaboriau m\u2019avait s\u00e9duit\npar l\u2019\u00e9l\u00e9gante fa\u00e7on dont il agen\u00e7ait les pi\u00e8ces de ses intrigues, et le\nmagistral d\u00e9tective de Poe, M. Dupin, avait \u00e9t\u00e9 depuis mon enfance un de mes\nh\u00e9ros favoris. Mais pouvais-je leur adjoindre quelque chose de mon propre fonds\n? Je songeais \u00e0 mon ancien ma\u00eetre, Joe Bell, \u00e0 sa figure d\u2019aigle, \u00e0 ses allures\nbizarres, \u00e0 son don \u00e9trange de remarquer certains d\u00e9tails. S\u2019il \u00e9tait d\u00e9tective,\nil arriverait certainement \u00e0 faire de cet exercice captivant mais sans but\nquelque chose de plus semblable \u00e0 une science exacte\u2026 Comment appellerais-je\nmon personnage ? Je poss\u00e8de encore la feuille d\u2019un carnet de notes portant\ndivers noms entre lesquels j\u2019h\u00e9sitais.\u2026 Je m\u2019arr\u00eatai tout d\u2019abord \u00e0\nSherringford Holmes, puis \u00e0 Sherlock Holmes. Il ne pouvait pas raconter ses\npropres exploits. Il lui fallait donc un camarade banal qui le ferait valoir\npar contraste ; un nom terne et discret pour un personnage sans \u00e9clat : Watson\nferait l\u2019affaire. \u00bb <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>La lecture\nde la pens\u00e9e : un exercice peu convaincant (Dupin chez Poe) ; l\u2019analyse des\nobjets : Holmes voit Watson la 1\u00e8re fois et observe ; ou l\u2019analyse du chapeau\ntrouv\u00e9 dans l\u2019Escarboucle bleue. <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le\nd\u00e9tective du roman-probl\u00e8me est un \u00eatre sans chair, excentrique, c\u00e9libataire et\nc\u00e9r\u00e9bral. C\u2019est l\u00e0 que le Maigret de Simenon fait figure originale par sa\nnormalit\u00e9. Il \u00e9coute les autres, en s\u2019impr\u00e9gnant d\u2019une atmosph\u00e8re, notamment en\nprovince. <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>B. Le criminel\net le g\u00e9nie du crime <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le\nparadoxe du crime parfait, inracontable dans la r\u00e9alit\u00e9 \u2014 et dans&nbsp; la\nfiction, sauf si le criminel se d\u00e9nonce ou se raconte (cf l\u2019assassinat de\nLaetitia Tourreaux au m\u00e9tro Porte Dor\u00e9e le 16 mai 1937). <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le\nProfesseur Moriarty, le grand rival de Sherlock Holmes <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Fant\u00f4mas,\npar Pierre Souvestre et Marcel Allain (32 vol. 1911-1913 + 11 vol. 1926-1963 :\nc\u00e9l\u00e9br\u00e9 par les surr\u00e9alistes et l\u2019avant-garde de l\u2019\u00e9poque : \u00ab Fant\u00f4mas, c'est\nl\u2019\u00c9n\u00e9ide des temps modernes \u00bb (Blaise&nbsp; Cendrars). <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>C. La\nvictime <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;Chez\nBoileau- Narcejac. Le roman centr\u00e9 sur la victime : elle est prise dans une\nmachination que la d\u00e9passe, jusqu\u2019\u00e0 l\u2019explication finale. De 1948 \u00e0 leur mort,\nils collaborent, mais \u00e0 distance (entre Paris et Nantes) : correspondance,\nvoire t\u00e9l\u00e9gramme \u00ab Revolver impraticable. Adoptons poison, plus facile \u00bb. Dans\ncette collaboration, c\u2019est Boileau qui imagine les intrigues, Narcejac qui\n\u00e9toffe les caract\u00e8res et se donne \u00e0 l\u2019\u00e9criture : Boileau, c\u2019est le squelette,\nNarcejac, c\u2019est la chair. <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>D. Le\njusticier <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>C\u2019est le\ncas de Nick Carter (1886-1915), d\u2019Ars\u00e8ne Lupin (17 romans, 39 nouvelles de 1905\n\u00e0 1941, con\u00e7u comme un anti-Holmes (cf A.L. contre Herlock Sholm\u00e8s), un fr\u00e9goli\naux d\u00e9guisements innombrables et aux multiples identit\u00e9s, plein d\u2019audace et de\npanache comme Cyrano de Bergerac\u2026&nbsp; <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>IV - TONS\nET EXPRESSIONS DU ROMAN POLICIER <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>A. De la\npeur au rire <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>La peur\nest de toujours ; dans le roman policier, cette peur est exorcis\u00e9e par la\nraison et par le jeu. On convertit la peur en une \u00ab histoire \u00e0 faire peur \u00bb,\nune \u00ab peur pour rire \u00bb (cf Mme du Deffand : \u00ab Est-ce que je crois aux fant\u00f4mes\n? Non, mais j\u2019en ai peur ! \u00bb). Dans le roman d\u2019\u00e9nigme, la peur est sublim\u00e9e par\nle probl\u00e8me, quand d\u2019autres genres jouent ouvertement avec elles : le thriller\n; mais \u00e0 chaque fois la distance de la mise en forme litt\u00e9raire d\u00e9samorce la\npeur ; et aussi le policier humoristique (Charles Exbrayat) <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>N\u2019oublions\npas une autre variante : le roman policier historique, tr\u00e8s \u00e0 la mode \u00e0 pr\u00e9sent\n: bien des \u00e9poques, en Chine, au Moyen \u00c2ge, au XVIIIe si\u00e8cle, \u00e0 l\u2019\u00e9poque\nvictorienne, voire dans la Gr\u00e8ce antique\u2026 <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>B. Fiction\net r\u00e9alit\u00e9 <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Les\npersonnages de fiction les plus c\u00e9l\u00e8bres acqui\u00e8rent une forme de r\u00e9alit\u00e9 :\nSherlock Holmes (inspir\u00e9 par son professeur de m\u00e9decine Joseph Bell). On a pu\n\u00e9crire des biographies de Holmes. Combien de fois Watson a-t-il \u00e9t\u00e9 mari\u00e9 ?\nWatson est comme un double de Conan Doyle lui-m\u00eame et Maigret un double de\nSimenon. <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>On a\nouvert des mus\u00e9es Holmes \u00e0 Baker Street, \u00e0 Meiringen (Suisse).&nbsp; <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>C. Roman\npolicier et cin\u00e9ma <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Ce ferait\n\u00e0 soi seul toute une conf\u00e9rence\u2026 <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Tr\u00e8s vite\napr\u00e8s les fr\u00e8res Lumi\u00e8re, le cin\u00e9ma a exploit\u00e9 les histoires de crimes : des\ncourses-poursuites entre policiers et voleurs d\u00e8s le cin\u00e9ma muet)&nbsp; <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>L\u2019un des\npremiers ma\u00eetres est Louis Feuillade (1873-1925 : Fant\u00f4mas et Judex : la\nnaissance du serial. <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Des\nsc\u00e9narios et des r\u00e9ussites en France dans les ann\u00e9es 30 et 40, d\u2019apr\u00e8s Simenon,\nSteeman (Quai des Orf\u00e8vres, L\u2019assassin habite au 21), Pierre V\u00e9ry (Les disparus\nde Saint-Agil, Goupi Mains Rouges), plusieurs films sont devenus des classiques\n: Le jour se l\u00e8ve, Quai des brumes (J. Pr\u00e9vert d\u2019apr\u00e8s P. Mac Orlan)\u2026 <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Apr\u00e8s la\nguerre, ce sera surtout le r\u00e8gne du cin\u00e9ma am\u00e9ricain ; et Boileau-Narcejac :\nLes diaboliques de Clouzot, Vertigo d\u2019Hitchcock ; ou le superbe film policier\nde nostalgie r\u00e9trospective qu\u2019est Chinatown de Roman Polanski. Arr\u00eatons cette\n\u00e9num\u00e9ration.&nbsp; <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Adapter un\nroman probl\u00e8me au cin\u00e9ma n\u2019est pas facile, avec les explications finales trop\ndidactiques ou des retours en arri\u00e8re ; au contraire, le roman d\u2019action type\nroman noir se pr\u00eate mieux au cin\u00e9ma : Scarface et les films de gangsters ont\npr\u00e9cipit\u00e9 le d\u00e9clin du roman-probl\u00e8me. <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Finissons\nsur le g\u00e9nie d\u2019Alfred Hitchcock, qui est le meilleur exemple : il a mis en\nimages les plus grands auteurs, J. Buchan, Fr. Iles, P. Highsmith, W. Irish,\nBoileau-Narcejac, mais il en a fait son \u0153uvre propre, captivant le spectateur.\nFen\u00eatre sur cour, L\u2019homme qui en savait trop, Psychose, Vertigo (Sueurs froides)\nqui doit \u00eatre son chef d\u2019\u0153uvre, mais il l\u2019a tir\u00e9 d\u2019un roman fran\u00e7ais, adapt\u00e9\nhabilement \u00e0 la sauce am\u00e9ricaine : D\u2019entre les morts de Boileau-Narcejac. <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Conclusion&nbsp;:<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Revenons\nau roman. Il peut se lire \u00e0 plusieurs niveaux : ce monde imaginaire a sa\nr\u00e9alit\u00e9, et le roman policier a ses fanatiques. Contre l\u2019avis de ceux qui\npr\u00e9tendent qu\u2019on ne lit un roman policier qu\u2019une fois, avant de le jeter, ou de\nle vendre, les fanatiques relisent les meilleurs romans policiers, et je suis\nde ceux-l\u00e0 : La lettre vol\u00e9e, les nouvelles de Sh. Holmes, Le meurtre de Roger\nAckroyd, les premiers Maigret, Six hommes morts, 120 rue de la Gare, plusieurs\nBoileau-Narcejac, Pi\u00e8ge pour Cendrillon\u2026 <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Finissons\nsur une citation de Paul Morand : \u00ab Que [le roman policier] fasse montre d\u2019une\npsychologie fausse ou arbitraire, quelle importance cela a-t-il pourvu qu\u2019il\nnous ait intrigu\u00e9s, effray\u00e9s, et tenus en haleine jusqu\u2019au bout ? Son r\u00f4le\nn\u2019est pas de sonder les t\u00e9n\u00e8bres des \u00e2mes, mais d\u2019actionner des marionnettes\npar un impeccable mouvement d\u2019horlogerie. \u00bb <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Est-ce l\u00e0\nune critique ? ou bien un \u00e9loge ? <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Bibliographie \u00e0 propos du roman policier<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Dictionnaire des litt\u00e9ratures\npolici\u00e8res sous la direction de Claude Mespl\u00e8de, Nantes, 2007 (2 volumes) <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Jean Tulard, Dictionnaire du roman\npolicier, Fayard, 2005 ; <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Boileau-Narcejac, Le roman policier\n(QSJ n\u00b0 1623, 1975) nouv. \u00e9dition par Andr\u00e9 Vanoncini, n\u00b0 1623, 2003) ; <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Francis Lacassin, Mythologie du roman\npolicier, Christian Bourgois, 1993 ; <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>W.S. Baring-Gould, Moi, Sherlock\nHolmes, Encrage, 1992 ; <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Roland Lacourbe, 99 chambres closes,\nEncrage, 1991 ; <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Andr\u00e9-Marc Aym\u00e9, Arch\u00e9ologie de la\nlitt\u00e9rature polici\u00e8re, L\u2019Harmattan, 2013 ; <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>R\u00e9gis Messac, Le \u00ab detective novel \u00bb\net l\u2019influence de la pens\u00e9e scientifique, Paris, Champion, 1929 [la 1\u00e8re th\u00e8se\nuniversitaire sur le roman policier] ; <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Boileau-Narcejac, Usurpation\nd\u2019identit\u00e9, 1980 (nouvelles pastichant tous les grands auteurs) ; <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Bayard, Qui a tu\u00e9 Roger Ackroyd ? [et\nsi Hercule Poirot s\u2019\u00e9tait tromp\u00e9 ?] ; <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Lo\u00efc Ravenel, Les aventures\ng\u00e9ographiques de Sherlock Holmes, Larousse, 1994 ; <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Michel Chlastacz, Trains du\nmyst\u00e8re.&nbsp; 150 ans de trains et de polars, L\u2019Harmattan, 2009 ;<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"De nos jours, le \u00ab polar \u00bb, est un synonyme de litt\u00e9rature facile, voire industrielle. Pourtant, c\u2019est un d\u00e9lassement r\u00e9pandu, m\u00eame chez des intellectuels, voire un jeu d\u2019esprit. Des grands de la litt\u00e9rature s\u2019y sont essay\u00e9s : Bernanos, Borges, Robbe-Grillet, Claude Aveline. 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