{"id":2300,"date":"2018-09-01T21:04:24","date_gmt":"2018-09-01T20:04:24","guid":{"rendered":"http:\/\/lesavoirpartage.org\/new\/?p=2300"},"modified":"2018-09-01T21:04:24","modified_gmt":"2018-09-01T20:04:24","slug":"visite-du-chateau-saint-andre-a-le-poet-celard","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/lesavoirpartage.org\/new\/2018\/09\/01\/visite-du-chateau-saint-andre-a-le-poet-celard\/","title":{"rendered":"Visite du Ch\u00e2teau Saint Andr\u00e9 \u00e0 Le Po\u00ebt-C\u00e9lard"},"content":{"rendered":"<p>Le Ch\u00e2teau Saint-Andr\u00e9<\/p>\n<p>(Commune de Po\u00ebt-C\u00e9lard)<\/p>\n<p>Pour la plus large part, Saint-Andr\u00e9 a \u00e9t\u00e9 \u00e9difi\u00e9 par Raymond de Bla\u00efn et son fils Louis. Aussi est-il important de situer ces deux personnages dans leur contexte historique.<\/p>\n<p>1 . Le contexte historique<\/p>\n<p>1.1. Les guerres de religion<\/p>\n<p>Les huit guerres de religion se sont d\u00e9roul\u00e9es entre 1562 (massacre des protestants \u00e0 WASSY le 1er mars) et 1598 (Edit de NANTES).<\/p>\n<p>Les premiers troubles religieux sont apparus sous Fran\u00e7ois 1er, puis se sont consid\u00e9rablement d\u00e9velopp\u00e9s sous Henri II. Au d\u00e9c\u00e8s de ce dernier, en 1559, c\u2019est un adolescent maladif, \u00e2g\u00e9 de 15 ans, Fran\u00e7ois II, qui monte sur le tr\u00f4ne. Il d\u00e9c\u00e8de un an plus tard. Charles IX n\u2019a alors que 10 ans. Catherine de M\u00e9dicis occupe la r\u00e9gence. En 1561, le quart de la population fran\u00e7aise est huguenot.<\/p>\n<p>Les guerres de religion se situent ainsi dans un contexte d\u2019affaiblissement du pouvoir royal et, corr\u00e9lativement, d\u2019ind\u00e9pendance des grands seigneurs. Les grands clans nobiliaires en profitent pour augmenter leurs client\u00e8les en s\u2019opposant : les Montmorency (et Ch\u00e2tillon), les Guise (et Lorraine\/Mayenne), les Bourbon (et Cond\u00e9).<\/p>\n<p>En Dauphin\u00e9, les chefs militaires du parti protestant ont \u00e9t\u00e9 successivement :<\/p>\n<p>. Le Baron des Adrets (1562-1563),<\/p>\n<p>. Dupuy-Montbrun (1563-1575),<\/p>\n<p>. Lesdigui\u00e8res (1575-1589).<\/p>\n<p>1.2. L\u2019implantation de la R\u00e9forme dans la Dr\u00f4me<\/p>\n<p>Voici quelques rep\u00e8res :<\/p>\n<p>1522 : Guillaume Farel pr\u00eache les doctrines luth\u00e9riennes \u00e0 Die.<\/p>\n<p>1540-1560 : Jean Calvin apporte un second souffle \u00e0 la R\u00e9forme (une tradition orale veut qu\u2019il ait s\u00e9journ\u00e9 \u00e0 Saint-Andr\u00e9 en septembre 1561, mais elle est contredite par la connaissance que l\u2019on a de sa vie et, de plus, son \u00e9tat de sant\u00e9 \u00e0 cette date, deux ans avant sa mort, s\u2019opposait \u00e0 un d\u00e9placement de cette importance).<\/p>\n<p>1552 : la R\u00e9forme est pr\u00each\u00e9e \u00e0 Bourdeaux. 1561 : une \u00e9glise protestante (consistoire et pasteur) est organis\u00e9e \u00e0 Bourdeaux.<\/p>\n<p>A partir de 1559, le duc Fran\u00e7ois de Guise, gouverneur du Dauphin\u00e9, r\u00e9prime les protestants \u00e0 Valence, Die, Romans. Ses lieutenants-g\u00e9n\u00e9raux sont Maugiron et La Motte-Gondrin.<\/p>\n<p>2 . Raymond et Louis de Bla\u00efn<\/p>\n<p>8 janvier 1562 : conversion de Raymond de Bla\u00efn au protestantisme.<\/p>\n<p>A partir de 1562, Raymond de Bla\u00efn commande l\u2019un de 7 r\u00e9giments lev\u00e9s par Jacques de Crussol (lieutenant du prince de Cond\u00e9). En 1568, il subit les revers de Jarnac et Moncontour, en Saintonge. Il semble avoir cess\u00e9 toute activit\u00e9 militaire en 1570.<\/p>\n<p>A partir de 1575, Louis de Bla\u00efn (dit \u00ab du Po\u00ebt \u00bb) appara\u00eet parmi les chefs militaires du parti protestant et prend part aux cinq derni\u00e8res guerres de religion sous les ordres de Lesdigui\u00e8res.<\/p>\n<p>20 ao\u00fbt 1585 : il s\u2019empare de Die et chasse le gouverneur.<\/p>\n<p>11 septembre 1585 : il est aux c\u00f4t\u00e9s de Lesdigui\u00e8res lors de la prise de Mont\u00e9limar (l\u2019exp\u00e9dition a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9par\u00e9e \u00e0 Saint-Andr\u00e9 ; Mary de Vesc, seigneur de Comps, qui y a pris part, est tu\u00e9 ; 1.000 \u00e0 2.500 catholiques, selon les sources, sont massacr\u00e9s dans les jours qui suivent).<\/p>\n<p>Nomm\u00e9 gouverneur de Mont\u00e9limar par Lesdigui\u00e8res, du Po\u00ebt accable la ville de charges et de contributions en nature ou en argent, consent des pr\u00eats \u00e0 des taux usuraires, vend sa protection aux communes voisines et s\u2019enrichit consid\u00e9rablement. D\u00e9j\u00e0 h\u00e9ritier de Po\u00ebt-C\u00e9lard et de Mornans, il ach\u00e8te Saou et La B\u00e2tie-Rolland. Il a un h\u00f4tel particulier \u00e0 Crest.<\/p>\n<p>9 avril 1598 : Louis de Bla\u00efn et le seigneur de Gouvernet (s\u00e9n\u00e9chal du Valentinois et du Diois, \u00e9galement lieutenant de Lesdigui\u00e8res) se livrent un duel \u00e0 Crest. Bless\u00e9, du Po\u00ebt d\u00e9c\u00e8de deux jours apr\u00e8s. N\u2019ayant pas de descendant direct, il a institu\u00e9 son neveu, Louis de Marcel, comme h\u00e9ritier (testament du 21 mars 1598).<\/p>\n<p>3 . Les \u00e9tapes de l\u2019\u00e9dification de Saint-Andr\u00e9<\/p>\n<p>Pour m\u00e9moire, le vieux ch\u00e2teau (dans le village de Po\u00ebt-C\u00e9lard) est cit\u00e9 en 1278, dans un acte de vente par la fille de B\u00e9ranger de Bourdeaux \u00e0 Aymar de Poitiers, comte de Valentinois.<\/p>\n<p>En 1464, Charles de Bla\u00efn ach\u00e8te la seigneurie de Po\u00ebt-C\u00e9lard \u00e0 la famille des Poitiers.<\/p>\n<p>Le vieux ch\u00e2teau sera conserv\u00e9 par la famille Bla\u00efn jusqu\u2019en 1830, mais, d\u00e8s 1750, les Bla\u00efn le d\u00e9laissent pour s\u2019\u00e9tablir \u00e0 Saint-Andr\u00e9.<\/p>\n<p>On ignore l\u2019origine du nom. Il est probablement li\u00e9 au terroir.<\/p>\n<p>L\u2019existence de constructions \u00e0 Saint-Andr\u00e9 est attest\u00e9e d\u00e8s 1327 (dans une donation par Am\u00e9d\u00e9e de Poitiers au seigneur de Po\u00ebt-C\u00e9lard).<\/p>\n<p>3 .1. La maison forte La maison forte d\u2019origine, probablement \u00e9difi\u00e9e au XIV\u00e8me si\u00e8cle, correspond \u00e0 la partie Nord de l\u2019aile Ouest actuelle. Elle comportait un mur d\u2019enceinte dont il subsiste au moins deux tours.<\/p>\n<p>3 .2. Le ch\u00e2teau de Raymond de Bla\u00efn<\/p>\n<p>Cette partie a \u00e9t\u00e9 \u00e9difi\u00e9e entre 1541 et 1561. Elle comprenait, outre la maison forte d\u2019origine, les corps de b\u00e2timents et b\u00e2timents \u00e9difi\u00e9s par Raymond de Bla\u00efn :<\/p>\n<p>. le prolongement de l\u2019aile Ouest jusqu\u2019\u00e0 la premi\u00e8re tour d\u2019angle,<\/p>\n<p>. l\u2019aile Sud,<\/p>\n<p>. les \u00e9curies (au Nord),<\/p>\n<p>. et le colombier. Ces b\u00e2timents, \u00e0 usage d\u2019habitation et d\u2019exploitation agricole, constituaient la demeure d\u2019un gentilhomme campagnard. Le domaine s\u2019\u00e9tendait sur 40 hectares environ (vignes et c\u00e9r\u00e9ales).<\/p>\n<p>3 .3 . Le ch\u00e2teau de Louis de Bla\u00efn<\/p>\n<p>Louis de Bla\u00efn fit \u00e9difier (probablement \u00e0 partir de 1585) les ailes Est et Nord, en sorte que le ch\u00e2teau forma alors un quadrilat\u00e8re autour d\u2019une cour int\u00e9rieure :<\/p>\n<p>. cour de 11m x 14m,<\/p>\n<p>. au rez-de-chauss\u00e9e : cuisines, offices, locaux de service,<\/p>\n<p>. au premier \u00e9tage : appartements du seigneur, galerie (c\u00f4t\u00e9 Est) et salles d\u2019apparat,<\/p>\n<p>. combles habitables (personnel de service, gardes, \u2026).<\/p>\n<p>Avec les travaux de Louis de Bla\u00efn, Saint-Andr\u00e9 devient une v\u00e9ritable r\u00e9sidence d\u2019agr\u00e9ment.<\/p>\n<p>4 . Description architecturale<\/p>\n<p>4 .1. Les \u00e9curies (au Nord du ch\u00e2teau)<\/p>\n<p>4 .2. Le colombier ( \u00e0 l\u2019Est)<\/p>\n<p>L\u2019int\u00e9r\u00eat d\u2019un colombier \u00e9tait la fiente produite par les pigeons (colombine), qui a \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9e comme engrais (azote et acide phosphorique) jusqu\u2019au XIX\u00e8me si\u00e8cle. Elle pouvait aussi servir de salp\u00eatre pour la poudre \u00e0 fusil.<\/p>\n<p>Seuls les nobles ayant un fief avec droit de haute et basse justice pouvaient \u00e9difier un colombier de plain-pied (privil\u00e8ge supprim\u00e9 \u00e0 la R\u00e9volution). La taille du pigeonnier t\u00e9moignait de la puissance du seigneur et \u00e9tait un signe de richesse. Elle devait rester en rapport avec la superficie du domine.<\/p>\n<p>Le colombier de Saint-Andr\u00e9 a environ 1.500 boulins (en terre cuite) et une potence. Son toit est dit \u00ab en bonnet de Calvin \u00bb (carr\u00e9, une pente).<\/p>\n<p>4 .3 . Les \u00e9l\u00e9vations<\/p>\n<p>Le ch\u00e2teau est enti\u00e8rement construit en moellons, la pierre de taille n\u2019\u00e9tant utilis\u00e9e que pour les cha\u00eenages d\u2019angles et les encadrements de portes ou de baies.<\/p>\n<p>Les pierres sont de la molasse (sorte de gr\u00e8s), de couleurs vari\u00e9es (verd\u00e2tres, rouge\u00e2tres). En l\u2019absence de carri\u00e8res ( ? ), elles provenaient de l\u2019\u00e9pierrement des champs.<\/p>\n<p>4 . 3 .1 . Fa\u00e7ade Est (fa\u00e7ade principale) :<\/p>\n<p>. Portail (seule ouverture \u00e0 l\u2019origine). De chaque c\u00f4t\u00e9, pierres en bossages (surtout \u00e9l\u00e9ment d\u00e9coratif). . Pont-levis : treuil et poulie derri\u00e8re la bret\u00e8che (m\u00e9canisme int\u00e9rieur masqu\u00e9 lors des travaux du XVIII\u00e8me si\u00e8cle). Il n\u2019y avait pas de v\u00e9ritables douves, mais seulement un \u00ab saut-de-loup \u00bb ( 3 m\u00e8tres de large) autour du portail.<\/p>\n<p>.Blason sculpt\u00e9 (au-dessus du portail), mais martel\u00e9 (\u00e0 la R\u00e9volution ?). Armes de la famille de Bla\u00efn : \u00ab De gueules \u00e0 trois bandes d\u2019or, celle du milieu charg\u00e9 de trois molettes de sables \u00bb.<\/p>\n<p>. Bret\u00e8che (r\u00f4le d\u00e9fensif : assommoir en fa\u00e7ade, embrasures pour armes \u00e0 feu sur les c\u00f4t\u00e9s). Partie inf\u00e9rieure peinte (peu visible). Dans la partie sup\u00e9rieure, \u00ab tempietto \u00bb avec le buste d\u2019un personnage non identifi\u00e9 (l\u2019architecte du ch\u00e2teau ?).<\/p>\n<p>. Fen\u00eatres : 4 crois\u00e9es \u00e0 2 croisillons (dont une jumel\u00e9e, sur la grande salle).<\/p>\n<p>4 . 3 .2 . Fa\u00e7ade Ouest :<\/p>\n<p>Moins \u00e9lev\u00e9e que les autres, puisque le ch\u00e2teau est enterr\u00e9 sur un niveau. Presque aveugle.<\/p>\n<p>4 . 3 . 3 . Fa\u00e7ade Nord : on notera le cha\u00eenage d\u2019angle d\u00e9limitant l\u2019ancienne maison forte et le grand arc de pierre (destin\u00e9 au passage des grandes poutres, lors de la contruction ?).<\/p>\n<p>4 . 3 . 4 . Fa\u00e7ade Sud : elle a \u00e9t\u00e9 enti\u00e8rement remani\u00e9e au XVIII\u00e8me si\u00e8cle : suppression des crois\u00e9es, percement de fen\u00eatres (linteau cintr\u00e9) et de portes, construction d\u2019un large perron, g\u00e9noise \u00e0 triple rang (\u00e0 noter, aussi, qu\u2019\u00e0 l\u2019int\u00e9rieur, les plafonds ont \u00e9t\u00e9 abaiss\u00e9s au premier \u00e9tage pour permettre d\u2019am\u00e9nager de v\u00e9ritables chambres dans les combles du second).<\/p>\n<p>4 . 3 . 5 . Fa\u00e7ades sur cour :<\/p>\n<p>A l\u2019est, 4 arcades en arc plein-cintre dat\u00e9es de 1744.<\/p>\n<p>A l\u2019Ouest, deux portes monumentales (donnant acc\u00e8s \u00e0 l\u2019escalier droit et \u00e0 l\u2019escalier rampe sur rampe). Ressemblance avec celles de certains h\u00f4tels particuliers \u00e0 Crest et celle du ch\u00e2teau de Plaisance.<\/p>\n<p>4 . 3 . 6 . Les 3 tours d\u2019angle :<\/p>\n<p>Diam\u00e8tre diff\u00e9rent de l\u2019une \u00e0 l\u2019autre. Faible \u00e9paisseur des murs (1 m\u00e8tre). Toiture conique (cf. ch\u00e2teau d\u2019Eurre \u00e0 Saou et ch\u00e2teau de La Charce). Moulures. Meurtri\u00e8res pour armes \u00e0 feu de petit calibre. Chemin de ronde sous toiture.<\/p>\n<p>R\u00f4le esth\u00e9tique, d\u00e9fensif et social.<\/p>\n<p>4 . 4 .La distribution int\u00e9rieure<\/p>\n<p>4 . 4 . 1 .Le portique (1744 indiqu\u00e9 au dessus de la deuxi\u00e8me arcade). Promenoir. Passage prot\u00e9g\u00e9.<\/p>\n<p>4 . 4 . 2 . Ancienne cuisine (aile Nord) : 8 m\u00e8tres sur 8. Plafond \u00e0 la fran\u00e7aise. En dehors des jours de f\u00eate ou de r\u00e9ception, Louis de Bla\u00efn et sa famille y prenaient leurs repas (\u00ab salle basse \u00bb). Chemin\u00e9e monumentale droite adoss\u00e9e au mur Nord.<\/p>\n<p>4 . 4 . 3 . Escalier rampe sur rampe (cf. Ch\u00e2teau de La Charce et H\u00f4tel de ville de Chatillon-en-Diois).<\/p>\n<p>L\u2019escalier \u00ab rampe sur rampe \u00bb est originaire d\u2019Italie. Il est apparu en France vers 1510 et a domin\u00e9 jusque vers 1610. Celui de Saint-Andr\u00e9 date de 1590 environ.<\/p>\n<p>Les marches sont en un seul bloc de pierre, avec des revers apparents, partiellement d\u00e9lard\u00e9s.<\/p>\n<p>Les plafonds des deux premi\u00e8res vol\u00e9es sont peints. C\u2019est un emplacement de prestige.<\/p>\n<p>4 . 4 . 4 . Les appartements (au Sud). Ils ont subi d\u2019importantes modifications au XVIII\u00e8me si\u00e8cle (cf. ci-dessus). Ils comprenaient une salle (54 m2), deux chambres (chacune donnant acc\u00e8s \u00e0 une petite pi\u00e8ce dans une tour). La chambre dans l\u2019angle Sud-Est communiquait avec la galerie.<\/p>\n<p>4 . 4 . 5 . La galerie (le long de la fa\u00e7ade Est). 13 m\u00e8tres de long sur 4 de large. 2 crois\u00e9es \u00e0 2 croisillons donnent sur la campagne (Pays de Bourdeaux, Couspeau), 2 demi-crois\u00e9es donnent sur la cour. Reliait les appartements au Sud avec la grande salle au Nord. Promenoir.<\/p>\n<p>4 . 4 . 6 . Escalier Nord : grand escalier droit (\u00ab d\u2019honneur \u00bb) prenant sur le couloir qui donnait acc\u00e8s aux pi\u00e8ces de service au Sud. D\u00e9cor peint (seulement des traces).<\/p>\n<p>4 . 4 . 7 . La grande salle :<\/p>\n<p>Mesure 115 m2 ( 13,5 x 8,5). 5 m\u00e8tres de haut. Crois\u00e9es \u00e0 double croisillon (3,2m sur 2m).<\/p>\n<p>Trois portes (grand escalier droit, salle de r\u00e9ception et galerie).<\/p>\n<p>Plafond \u00ab \u00e0 la fran\u00e7aise \u00bb (grosses poutres et solives).<\/p>\n<p>Sol en terres cuites monochromes (rose), sauf les dalles de pierre pr\u00e8s de la chemin\u00e9e.<\/p>\n<p>Chemin\u00e9e droite (H 4,90 ; L 3,72 ; P 1,12), construite selon les normes pr\u00e9conis\u00e9es par Sebastiano Serlio (architecte et th\u00e9oricien italien). Date de 1585\/1590 (cf. h\u00f4tel particulier du seigneur de Tourrettes \u00e0 Grignan).<\/p>\n<p>Cabinet, dans la tour Nord-Est : pas un oratoire, mais un lieu de travail et de lecture (biblioth\u00e8que).<\/p>\n<p>4 . 4 . 8 . La salle de r\u00e9ception : plafond \u00ab \u00e0 la fran\u00e7aise \u00bb peint (mais tr\u00e8s endommag\u00e9 par les infiltrations et l\u2019humidit\u00e9).<\/p>\n<p>Salle contigu\u00eb : quelle fonction ? Antichambre ?<\/p>\n<p>4 . 4 . 9 . La chambre haute. Accessible depuis le troisi\u00e8me palier de l\u2019escalier rampe sur rampe. Dimensions 9m x 5m. Ce n\u2019est pas un v\u00e9ritable donjon d\u00e9fensif, mais une \u00ab chambre de retrait \u00bb pour le seigneur, ou une chambre de guet.<\/p>\n<p>5 . Peintures<\/p>\n<p>Influence des peintres italiens (attir\u00e9s en France par Fran\u00e7ois 1er, \u00e0 partir de 1540).<\/p>\n<p>A Saint-Andr\u00e9, les peintures n\u2019ont pas subi de d\u00e9gradations volontaires (notamment sous la R\u00e9volution) ni de restaurations abusives, mais elles n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 entretenues et ont \u00e9t\u00e9<\/p>\n<p>recouvertes par un badigeon. Certaines ont \u00e9t\u00e9 recouvertes par un nouveau d\u00e9cor au XVIII\u00e8me si\u00e8cle (grande salle).<\/p>\n<p>Les peintres ont probablement \u00e9t\u00e9 des artistes pi\u00e9montais (la vall\u00e9e de la Dr\u00f4me \u00e9tait une voie de communication entre l\u2019Italie et la vall\u00e9e du Rh\u00f4ne). Du Po\u00ebt a voyag\u00e9 en Italie en 1584.<\/p>\n<p>5 . 1 . Le portail<\/p>\n<p>Intrados peints (motifs v\u00e9g\u00e9taux). Peintures tr\u00e8s d\u00e9t\u00e9rior\u00e9es. Bret\u00e8che peinte.<\/p>\n<p>5 . 2 . L\u2019escalier droit<\/p>\n<p>Vol\u00e9e : bande orange et frise limit\u00e9e par un filet rouge. Sur le palier sup\u00e9rieur, idem. Peintures au dessus des portes masqu\u00e9es par un badigeon blanc. M\u00e9daillon ovale entour\u00e9 de rinceaux au dessus de la fen\u00eatre.<\/p>\n<p>5 . 3 . L\u2019escalier rampe sur rampe<\/p>\n<p>Sur les vol\u00e9es, compartiments repr\u00e9sentant des soldats se d\u00e9pla\u00e7ant ou combattant \u00e0 pied ou \u00e0 cheval. Sur le plafond du repos, m\u00e9daillon central repr\u00e9sentant deux cavaliers casqu\u00e9s qui combattent (fureur, acharnement). Au centre du premier palier, m\u00e9daillon rectangulaire entour\u00e9 de fleurs et de feuilles stylis\u00e9es.<\/p>\n<p>5 . 4 . La salle de r\u00e9ception<\/p>\n<p>Sur la partie sup\u00e9rieure des murs, frise peinte (1 m\u00e8tre de large) : guirlande v\u00e9g\u00e9tale parsem\u00e9e de fruits (cf. les pilastres des Loges du Vatican peints par Rapha\u00ebl).<\/p>\n<p>Les faces verticales des poutres sont orn\u00e9es de 24 m\u00e9daillons ovales ou rectangulaires pr\u00e9sentant des petites sc\u00e8nes (fleurs stylis\u00e9es entre les m\u00e9daillons). Il s\u2019agit de la transcription d\u2019estampes grav\u00e9es par Giovanni Giacomo Caraglio (1505-1565) repr\u00e9sentant \u00ab les Amours des Dieux \u00bb. Ainsi : Mars et V\u00e9nus, Jupiter transformant la nymphe Io en vache, V\u00e9nus et Cupidon, Vertumne et Pomone, Saturne et Phyl\u00e8ne, Hercule et D\u00e9janire, Pluton et Proserpine, Hercule luttant contre le chien Cerb\u00e8re, Apollon et Hyacinthos, Vulcain et C\u00e9r\u00e8s. El\u00e9ments de rapprochement : ch\u00e2teau de Vach\u00e8res (Montclar-sur-Gervanne), ch\u00e2teau de Sallmard (Peyrins), salle des gardes du ch\u00e2teau de Condillac.<\/p>\n<p>Sur la fen\u00eatre Ouest, m\u00e9daillons entour\u00e9s de grotesques.<\/p>\n<p>5 . 5 . La grande salle<\/p>\n<p>Deux d\u00e9cors superpos\u00e9s : fin XVI\u00e8me et XVIII\u00e8me. 5 . 5 . 1 . La frise (1 m\u00e8tre de hauteur)<\/p>\n<p>Personnages masculins et f\u00e9minins en costumes de f\u00eate (style Henri III).<\/p>\n<p>Grotesques tr\u00e8s color\u00e9es, ponctu\u00e9es de m\u00e9daillons (grotesques : figures animales ou humaines, figures hybrides anthropomorphes, petits d\u00e9mons, draperies, guirlandes, fleurs, vases. Cf. la Loggia du Vatican, le Ch\u00e2teau Saint-Ange \u00e0 Rome et le Palazzo Vecchio \u00e0 Florence. L\u2019art grotesque s\u2019est d\u00e9velopp\u00e9 au tout d\u00e9but du XVI\u00e8me si\u00e8cle, \u00e0 la suite de la d\u00e9couverte des antiques maisons romaines ensevelies).<\/p>\n<p>5 . 5 . 2 . Les blasons : armoiries des Bla\u00efn entour\u00e9es d\u2019un tortil.<\/p>\n<p>5 . 5 . 3 . La chemin\u00e9e<\/p>\n<p>Construite vers 1575 (cf. ancien Doyenn\u00e9 de Grignan). Peinture \u00e0 l\u2019huile, avec de nombreux \u00ab repentirs \u00bb.<\/p>\n<p>Pi\u00e9droits du manteau : d\u00e9cors (tr\u00e8s abim\u00e9s) inspir\u00e9s de Marcantonio Raimondi (qui, lui-m\u00eame, s\u2019inspira de Rapha\u00ebl). Sc\u00e8nes tir\u00e9es de la mythologie.<\/p>\n<p>Jou\u00e9es de la hotte : Mars (c\u00f4t\u00e9 Nord) et Minerve(c\u00f4t\u00e9 Sud).<\/p>\n<p>Face de la hotte : Peinture de dimensions imposantes (2m x 3, 07m). Peinture \u00e0 l\u2019huile (nombreuses retouches) avec un vernis protecteur, probablement r\u00e9alis\u00e9e vers 1590. Le d\u00e9cor illustre la devise \u00ab Impavidum ferient ruinae \u00bb tir\u00e9e du livre III des Odes d\u2019Horace (\u00ab les ruines l\u2019atteindront sans l\u2019effrayer \u00bb), qui \u00e9tait la devise du Baron des Adrets (Fran\u00e7ois de Beaumont, 1512-1586). Les ruines (avec Diane \u00e0 gauche et Minerve \u00e0 droite), qui soulignent la violence et la d\u00e9mesure dans une sc\u00e8ne apocalyptique, s\u2019opposent au calme et \u00e0 la douceur d\u2019un paysage arbor\u00e9. La sc\u00e8ne repr\u00e9sente probablement le Baron des Adrets quand il \u00e9tait \u00e0 la t\u00eate des troupes protestantes en Dauphin\u00e9 ; il reste impassible au milieu des ruines qu\u2019il a provoqu\u00e9es, car il sait que son action est juste.<\/p>\n<p>5 . 5 . 4 . Le cabinet<\/p>\n<p>A l\u2019origine, les quatre murs \u00e9taient d\u00e9cor\u00e9s de grotesques.<\/p>\n<p>Fronton de la chemin\u00e9e : blason de la famille Bla\u00efn.<\/p>\n<p>M\u00e9daillon ovale, au centre d\u2019un d\u00e9cor de grotesques, dont les figures sont sym\u00e9triques. Il repr\u00e9sente une sc\u00e8ne de la vie populaire (la tuerie du b\u0153uf) pendant l\u2019hiver.<\/p>\n<p>6 . Restauration<\/p>\n<p>Le ch\u00e2teau Saint- Andr\u00e9 est rest\u00e9 entre les mains de la famille Bla\u00efn jusqu\u2019en 1836 (sauf entre 1799 et 1806). La derni\u00e8re comtesse du Po\u00ebt, Marie-Jos\u00e8phe-Antoinette de Bla\u00efn de Marcel, l\u2019a l\u00e9gu\u00e9 \u00e0 son cousin Titus d\u2019Alissac (testament du 28 septembre 1830), qui, d\u00e8s 1839, l\u2019a vendu \u00e0 un habitant de Montjoux, lequel l\u2019a revendu \u00e0 Casimir Blanc en 1853. Il est rest\u00e9 la propri\u00e9t\u00e9 de la famille Blanc jusqu\u2019en 2000.<\/p>\n<p>Il a \u00e9t\u00e9 class\u00e9 Monument Historique le 10 Novembre 2000 (le ch\u00e2teau lui-m\u00eame, le pigeonnier, les \u00e9curies, les vestiges du mur d\u2019enceinte, la tour Nord et la fontaine).<\/p>\n<p>Les travaux de remise en \u00e9tat et de restauration, entrepris fin 2002 sous la direction des services des Monuments Historiques, ont, pour l\u2019essentiel, \u00e9t\u00e9 achev\u00e9s en 2007 (mais il reste notamment \u00e0 faire les travaux de restauration des peintures dans la grande salle, ainsi que le sol).<\/p>\n<p>Le ch\u00e2teau Saint-Andr\u00e9 r\u00e9unit le plus vaste ensemble de peintures Renaissance conserv\u00e9 dans la Dr\u00f4me.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"Le Ch\u00e2teau Saint-Andr\u00e9 (Commune de Po\u00ebt-C\u00e9lard) Pour la plus large part, Saint-Andr\u00e9 a \u00e9t\u00e9 \u00e9difi\u00e9 par Raymond de Bla\u00efn et son fils Louis. Aussi est-il important de situer ces deux personnages dans leur contexte historique. 1 . Le contexte historique 1.1. Les guerres de religion Les huit guerres de religion se sont d\u00e9roul\u00e9es entre 1562 (massacre des protestants \u00e0 WASSY&nbsp;<a href=\"https:\/\/lesavoirpartage.org\/new\/2018\/09\/01\/visite-du-chateau-saint-andre-a-le-poet-celard\/\" class=\"read-more\">Lire la suite<\/a>","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_mi_skip_tracking":false,"_monsterinsights_sitenote_active":false,"_monsterinsights_sitenote_note":"","_monsterinsights_sitenote_category":0,"footnotes":""},"categories":[5,15],"tags":[],"class_list":["post-2300","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-art-et-architecture","category-histoire","cat-5-id","cat-15-id"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/lesavoirpartage.org\/new\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2300","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/lesavoirpartage.org\/new\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/lesavoirpartage.org\/new\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lesavoirpartage.org\/new\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lesavoirpartage.org\/new\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2300"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/lesavoirpartage.org\/new\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2300\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2302,"href":"https:\/\/lesavoirpartage.org\/new\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2300\/revisions\/2302"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/lesavoirpartage.org\/new\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2300"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/lesavoirpartage.org\/new\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2300"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/lesavoirpartage.org\/new\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2300"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}